| Pressing | |
Pressing #12 : Optique 2012 |
|
Par Marion Haudebourg
|
|
Retour sur l'événement de la semaine et son traitement dans la presse. Pressing de la semaine du 2 au 6 avril. Au programme : les lunettes noires (rouges,vertes...) d'Eva Joly. La course était lancée depuis un moment déjà. Tout se passait comme d'habitude : deux échappées, un petit peloton et un gruppetto assez conséquent. Et soudain, chute à l'arrière. Eva Joly tombe dans les escaliers d'un cinéma. Gueule cassée. Lunettes noires. Elle le prend avec humour, rappelant son interview dans Les Inrocks, titrée « Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ? ». Signalant par là qu'elle n'est peut-être pas seulement une ancienne juge d'instruction intransigeante à l'accent rugueux. Parce que plus que sa gueule, ce que brocardaient ses détracteurs, c'était plutôt son accent, rappelons-le. Son humour à lunettes noires, c'est peut-être aussi une manière d'expliciter ce que ses petites lunettes rouges pouvaient laisser entendre : un peu d'astuce et d'espièglerie.
Les lunettes et Eva Joly, c'est une longue histoire. Une manière efficace de l'identifier. A tel point que ses lunettes rouges étaient devenues un emblème, présentes sur le matériel de campagne de la candidate - on les trouvait même sur les capotes « Eva Joly, la candidate qui protège ». Et en ce temps béni des 6% d'intentions de vote dans les sondages, les lunettes noires renvoyaient à une toute autre image.
Et ça n'a pas pris. On ne la voit effectivement pas venir. Son équipe a tenté de lui enlever ses lunettes. Comme dans ces (merveilleux) films où la fille moche et insignifiante devient soudainement une bombe dès qu'elle ne porte plus de lunettes. Mais comme une campagne électorale, ce n'est pas aussi simple et limpide que le scénario de « Elle est trop bien », il a été décidé finalement de les lui remettre. Mais vertes, cette fois, sur l'affiche officielle. Alors, les lunettes d'Eva Joly, ne seraient-elles pas plutôt le symbole de l'errance de sa campagne ? D'un positionnement difficile à trouver quand un accord passé avec le PS avant l'élection complique la légitimité d'une candidature concurrente, quand Jean-Luc Mélenchon concentre toutes les intentions de vote de la gauche de la gauche. Quand le rouge a pris le pas sur le vert.
Tweet
|
Tous les articles de Marion Haudebourg
Du même auteur
- Pressing #19 : souvenirs souvenirs, Pressing le 15/09
- Pressing #18 : L'été meurtier, Pressing le 02/09
- Pressing #17 : Juste une mise au point , Pressing le 08/07
- Pressing #16 : On ne restera pas les doigts croisés, Pressing le 24/06
- Pressing #15 : Banale Song , Pressing le 13/05
Les commentaires
Retour sur l'événement de la semaine et son......
Pressing le 15/04
Entre équipes nationales, enjeux économiques et......
Sport le 09/06













