Videoscope Politique

DSK le messie


Le 12/02

Une vidéo de DSK propose une nouvelle entrée dans la communication politique : la station de ski. Avec elle, de nouveaux attributs pour l’homme voué à un destin public : l’équipement de ski, et la boule de neige.

Il semble que cette vidéo n’ait jamais été diffusée avant fin mai 2011, quand Thomas Bertay et Pacôme Thiellement – les deux réalisateurs de la série de films expérimentaux Le Dispositif, produits par Sycomore Films – sont parvenus à la dénicher, alors que « L’affaire DSK » venait d’éclater à New York. L’étrangeté et l’obscurité de cette archive, le caractère assez insituable de son contexte, la distance entre sa réalisation et sa réception incitent à en tirer des contenus symboliques, voire prophétiques.



C’est ce que nous invitent à faire Thomas Bertay et Pacôme Thiellement, en titrant ce document DSK le messie : voir ces images en pensant que, comme le dit Pacôme Thiellement, « les images du passé sont là pour nous indiquer notre présent, mais au futur ».

La panthère de la rose

Ces images semblent à la fois nous annoncer l’ascension inévitable du jeune Dominique Strauss-Kahn, promis aux plus hautes destinées, et sa chute fatidique, de très haut puisqu’il s’approchera de sommets qu’il ne pourra pas atteindre. Ce qu’indique déjà l’étrange fait que la vidéo, muette, ait pour unique bande-son le thème musical de La Panthère rose (composé par Henry Mancini pour le film de Blake Edwards sorti en 1963), sacre de la puissance comique de la maladresse et du faux-pas.

L’effet de parenté entre La Panthère rose et la présente vidéo est d’autant plus fort que toutes deux se déroulent en partie dans une station de sports d’hiver. La tonalité humoristique de cette musique est d’ailleurs prise en charge par le montage des images, qui expose le caractère facétieux d’un DSK n’hésitant ni à se cacher derrière un arbre pour nous surprendre, ni à (tout sourire) jeter une boule de neige à la caméra pour clôturer une séquence.
Ces images nous disent toute la séduction (« la bouche gourmande et les yeux de chat », pour citer le duo Bertay/Thiellement) qui anime Dominique Strauss-Kahn, et qui finira par se retourner contre lui.

Pater Noster

Comble de l’étrange dans ce film : dans la séquence où l’on voit Dominique Strauss-Kahn présenter à nos regards des feuilles sur lesquelles il a écrit de sa propre main (comme l’indique le message « et je suis socialiste ») ses caractéristiques personnelles, il déclare être le père de cinq enfants. Or la biographie connue et officielle de Dominique Strauss-Kahn lui attribue quatre enfants.

Ici, les questions se précipitent. Dominique Strauss-Kahn connaît-il le nombre exact de ses enfants ? Le cinquième enfant qu’il déclare alors (il indique dans le film avoir 36 ans, nous serions donc vers 1985) a-t-il réellement existé ? Que serait-il devenu ? Ou bien est-il encore à venir ? S’agit-il dans ce cas d’un être de chair et de sang, ou plutôt d’un concept, d’un projet, d’une nation dont il se pensait appelé à devenir le père ?

 

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