Pressing

Pressing #13 : Poutou pis c'est tout

Par Marion Haudebourg   
Le 15/04

Retour sur l'événement de la semaine et son traitement dans la presse. Pressing de la semaine du 2 au 6 avril. Au programme : Philippe Poutou. Et c'est tout.
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Lundi commençait la campagne officielle, avec toute ses règles et ses contraintes. Certains médias se plaignaient ou se demandaient vainement « pourquoi ? ». Eh bien oui, à quoi bon ? Eh bien à voir Philippe Poutou, tiens. Certainement le candidat le plus intrigant de cette campagne (Cheminade a fini par lasser avec ses projets cosmiques). D'abord, il y a ce nom qui prête à sourire. Et ensuite, il y a tout le reste. Pendant des semaines, on a pensé qu'il n'était pas digne de succéder à Besancenot. Jusqu'à lundi. Il y a d'abord eu le premier clip de campagne, à la bougie. On souriait un peu, mais on n'était pas sûr. Et mercredi, « Des Paroles et des Actes » a mis en conformité les seconds avec les premiers et lancé le premier round d'une « confrontation » des dix candidats. Le moment de gloire de Philippe Poutou, ainsi passé de l'anonymat à la reconnaissance.

Ca a commencé par un deuxième clip de campagne diffusé juste avant l'émission. La France politisée patientait avant le début de l'émission, un oeil vaguement posé sur ces clips, toujours ringards. Arrive la pépite, qui vaut à Philippe Poutou le prestigieux Cast'Or 2012, décerné par les Garriberts (et une distinction des Garriberts, ça vaut toute la reconnaissance du monde) : le type qui lisait torse nu dans son lit à la bougie a enfilé un costard et devient Julien Lepers. Idée brillante. Il s'agit de deviner qui est Philippe Poutou. Les candidats – dont celle qui était toute émoustillée par les bougies – penchent du côté de de Gaulle. Déjà, c'est intrigant pour des révolutionnaires. Et surtout, ça démontre l'esprit d'autodérision du candidat du NPA. Personne ne le connaît, ne sait d'où il vient, mais tout le monde sait à peu près où il va. « Souvent, à l'usine, on me dit que j'ai des blagues nulles qui font rire personne », dira-t-il au cours de son show.

Ensuite, l'émission s'est tenue avec ses rituels bien huilés (les questions, disons étonnantes, de Nathalie Saint-Cricq, les graphiques de François Lenglet). Jusqu'à ce qu'arrive la vague de fraîcheur Philippe Poutou.
En jean et sans cravate, avec son franc-parler (« Si je suis là, si je me fais chier depuis huit mois... », « On arrive chez le patron en groupe, on séquestre en groupe »), et son débit ahurissant.
Que ce soit Besancenot, Poutou ou Arthaud, ils parlent vite, les partisans de la révolution prolétarienne. C'est qu'ils doivent avoir l'habitude qu'on leur coupe la parole, alors ils en disent le maximum en un minimum de temps. Un avantage certain en cette période où les chronomètres pullulent sur les écrans. Et sa gestion magistrale du temps, qui lui fait terminer sa démonstration pile sur le gong, lui vaut les applaudissements d'un public d'habitude complètement amorphe et inexistant, et les compliments de David Pujadas, en théorie tenu à la réserve. Ce n'était pas la première fois que Philippe Poutou déjouait les habitudes, puisqu'il avait déjà osé tacler François Lenglet.
Entre autres, l'ouvrier automobile rappelait à l'économiste philosophe que les « charges sociales » sont surtout des « cotisations sociales ». Un point crucial qui nous a donné envie de lui faire des poutous.

 

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